Dihya, la Kahina : flamme de la résistance berbère
Retour sur la figure de Dihya, dite la Kahina, reine berbère des Aurès au VIIᵉ siècle, artisane de la résistance face à l'avancée omeyyade et icône intemporelle de l'histoire amazighe.
SHA-256 : af202cccefb777845b2ea6a564b560670a573a043e9df319b2dbd544ba237e3e
Horodaté le 30/09/2026 19:01:21 UTC
L'unification et les victoires militaires
Au tournant du VIIᵉ siècle, alors que l’expansion musulmane atteint le Maghreb central, Dihya (surnommée la Kahina, « la prophétesse » ou « devineresse ») prend la tête de la confédération berbère des Djerawa dans les Aurès. Stratège charismatique et respectée, elle parvient à fédérer diverses tribus amazighes ainsi que des contingents romano-byzantins pour faire front commun contre l'armée omeyyade. Elle inflige une défaite retentissante au général Hassan Ibn al-Nu'man lors de la bataille de la Meskiana (vers 698), repoussant provisoirement les forces califales hors de l'Ifriqiya et consolidant son autorité sur une vaste région pendant plusieurs années.
La chute et la postérité
Face au retour massif des troupes omeyyades, Dihya aurait mené, selon plusieurs chroniques médiévales, une stratégie de terre brûlée destinée à priver l'assaillant de ressources, ce qui suscita des tensions parmi ses propres alliés sédentaires. Elle livre son ultime combat vers 702 ou 703 dans les Aurès, tombant les armes à la main près d'un point d'eau resté célèbre sous le nom de Bir al-Kahina. Bien que sa résistance marque le crépuscule d'une époque, sa mémoire s'est transmise à travers les siècles : figure tragique et héroïque, elle demeure aujourd'hui un symbole majeur d'émancipation féminine, de courage et d'identité amazighe.